De l’autre côté du mur…

« C’est trop difficile de s’évader » chante Daniel Balavoine dans un reportage spécial ce soir.

« C’est trop difficile de s’évader » chante Daniel Balavoine dans un reportage spécial pris au vol ce soir. Il y a des vielles personnes qui se rappellent des débuts de Daniel, son frère Guy et Lynda la programmatrice belge (ou suisse sais plus). On voit des images d’eux jeunes, puis ils témoignent vieux (sauf Daniel bien sûr). Alors que Daniel va à Berlin, il est indigné par ce mur à la con, le mur de la honte. Il décide d’écrire un album sur ça et ça s’appelle « Les aventures de Simon et Gunther » sorti en 1977. Deux frangins, l’un à l’Est, l’autre à l’Ouest.

Puis, il passe à la télé, et tape dans l’œil de Michel Berger qui curieusement regardait la télé ce soir là avec France. Le mec prend son téléphone, appelle Lynda (vous suivez toujours ?) qui lui passe Daniel, qui curieusement était à côté. Et c’est parti pour la comédie musicale, Dany est embauché à Starmania (pas le magasin, l’opéra rock).

3149115302_1_2_4f46WuqXGuy raconte que son frangin avait un visage poupin et avec ses tifs, ben c’était pas gagné (ça c’est moi qui le rajoute mais bon). « Et voilà, c’était notre série sur le Mur de Berlin », intervient Laurent Delahouse soudain à nouveau à l’écran. Avant de quitter Daniel et ses amis, on revoit des images d’archives, blousons de cuir étriqués et cheveux choucroutés sur la tête, et les héros entonnent « Nouhouhou, tout c’qu’on veut c’est d’être heureux, être heureux avant d’être vieux ».

Et hop, Laurent réapparaît alors, avec sa posture d’homme moderne, cheveux savamment décoiffés sur le côté, des cartons dans la main pour faire style qu’il lance les sujets alors qu’en vrai, il a un prompteur. Et hop, on change de sujet. Et hop, on change d’époque. Le mur de Berlin est tombé, Daniel et Michel ne sont plus là, et d’autres murs, visibles ou invisibles, continuent de s’ériger entre les peuples alors que nous, tous, toutes, tout c’qu’on veut, c’est toujours d’être heureux avant d’être vieux.

9 novembre 2019

PS : j’ai honteusement piqué deux photographies sur internet, n’ayant pas eu la présence d’esprit de faire une jolie photo hier soir, j’espère que je ne serai pas poursuivie…

Histoire de déco #1

Dans ma chambre, j’ai mis des disques en déco. Sur le mur, avec des cartes postales, il sont là parce que j’ai plus rien pour les écouter depuis un bail, et que je trouvais qu’ils allaient bien sur mon mur. Avec les couleurs, enfin tu vois le délire quoi. J’ai mis aussi des cartes postales et des affiches, enfin tu vois le délire quoi, bis. C’est marrant comme on peut parfois, mal, évoluer au niveau déco d’ailleurs. J’ai depuis toujours, une sorte de prédilection pour : coller des affiches pourries avec du blutak, accrocher des flyers, des places de concert, des photos d’identité marrantes ou des cartes postales que moi, je trouve belles. Les disques, c’est une sorte innovation. Le truc, c’est qu’après, souvent, le blutak laisse des marques dégueu sur le mur, puis surtout, ça fait pas hyper smart comme déco. Genre, quand tu fais visiter, on peut, parfois, mal, prendre certaines remarques du style « Ha ha, ça me rappelle ton appart pourri à Lamballe ! ». Ou pire « mais ça va pas d’avoir dessiné des tourbillons sur ton mur ! C’est…comment te dire… moche, vraiment ! » (merci Sylvain !). Bon, après, il y a des gens supers qui trouvent que c’est « coloré » et aussi que « ha oui, c’est coloré ». Donc, mes disques, je les ai accrochés avec des petits clous, parce que le bluetak ne faisait pas son job, et ils tombaient tout le temps. Même que dans la nuit, un disque qui te tombe sur la tête, c’est pas terrible. Même de la bonne musique, ça fait mal. Au moins, avec les clous, pas de problème d’adhésion, juste un futur problème de cohésion de mur. What else ? Dirait l’autre avec un clin d’œil vaporeux. Il n’empêche que ces pochettes, dont je ne peux dévoiler sereinement et sans risques de représailles la teneur (halte aux chasseurs de mauvais goût), composent un parfait décor musical et… coloré, très coloré.

Mars 2018

Frères Morvan Power

Il y a des jours où ça ne vaut pas la peine de parler de soi. Il y a des jours comme ça.

Il y a des jours où une rencontre fortuite peut éclairer une soirée mal barrée. Ce soir de fête de la musique, mon cœur n’était pas au diapason devant ce groupe de rock. Le chanteur un peu joufflu et rouge comme les rayures du kilt de son bassiste, chaleur caniculaire oblige, entonnait des paroles qui auraient pu résonner en moi comme cette histoire de blonde à jamais… (ha ben non, j’ai dit que je parlais pas de moi). Donc ce chanteur caniculaire me laissait de marbre. Il y a des jours comme ça. Il y a enfin, cette migration bienvenue vers une autre scène, où tout à coup, des chants m’interpellent.

Ils sont deux, ils ont des chemises à carreaux blancs et bleus, des bérets, ils entonnent des mots qui résonnent comme une sorte de slam, une étrange musique se dégageant de leurs chants. Seul leur chant fait danser des gens aux mines radieuses, fait se bouger les têtes en rythme de ce groupe de jeunes en fauteuils et me donne envie de tournicoter, de chanter, de me laisser aller à ce chant enrôleur. Ils sont deux, ils sont vieux me dit mon fils, et pis j’aime pas, ajoute-t-il. Hé bien moi, je surkiffe ces papys slameurs bretons, ils sont classes quand ils descendent les quelques marches du camion-scène et que des danseurs arrivent pour leur filer un coup de main.

Ils sourient, à la vie, au temps qui passe, à la simplicité, aux pieds qui dérapent, qui tapent le tempo et qui te font remettre le cœur à l’endroit. Ils ont délivré leur chant comme on délivre un coucou de sa cage, ce chant qu’aurait peut-être pu me chanter mon grand-père si je l’avais connu, ce chant de tous les papys du monde, enfin de ceux qui se laissent porter par le chant des oiseaux, de la terre et de la vie. Espérons que ces chantres du kan ha diskan continueront encore longtemps de faire s’envoler les mots.

Juin 2017

Novembre 2019 : les Frères Morvan ont pris leur retraite après 61 ans de carrière ! Belle retraite à eux 🙂

Plus d’infos dans l’article de Ma Ville Brest