Joli mois de mai

Pourquoi il y a des jours où tout m’agresse ? Les propos haineux de la facho à la radio dès le matin, le vent et le froid au boulot, les mesquineries et le café bouillu du talus… ou l’inverse, je sais plus, les yeux brouillés à force de scruter la toile tendue de l’écran, le cœur embrouillé par ton silence. Ardu. Les pas pressés jetés sur le pavé, arpenter les rues pentues de Saint-Brieuc en se disant que décidément, cette journée est fichue.

Presque perdue dans le froid de mai, joli mois de mai… mais où est passé ta légèreté et ta douceur ? Bientôt la fraicheur accrue de la nuit, bientôt le devoir citoyen la mort dans l’âme, et pourtant, pressée que cette salope soit battue. Bientôt le lundi férié de mai, en profiter, joli mois de mai et ses jours détendus. Joli mois de mai, s’il te plait, redeviens ce mois subtil et farfelu, fout moi en l’air ces paroles de haine, ces putains d’idées tordues qui l’eut cru…
5 mai 2017

Poule toujours

En rentrant ce soir, point de poules dans ma cour. Le chat est avec moi quand je les cherche, et je lui trouve un air louche. Bien louche même. Je lui demande « où ? Mais où sont-elles ? » Et il hausse les épaules d’un air de chat. Moui, je passe à autre chose, je me dis qu’EveMarie, si je lui dis que ses poules ont disparu… Aie, non, je préfère penser à autre chose, me glisse dans un bain et décide après de pique-niquer comme ça dans ma cuisine en écoutant l’émission qui parle de foot à la radio (une émission sur ceux qui aiment le foot pour ceux qui l’aiment pas on dirait).

C’est chouette, je voyage à Manchester avec les Hooligans quand soudain… ouiiii les poulettes sont sur ma fenêtre ! Ni une ni deux, j’ouvre. Mais je me ravise, d’une, je ne suis pas franchement habillée pour poursuivre des poules sur la place du village, et de deux, le chat les a déjà toisées et elles s’envolent. Ni une ni trois, je sors dans la rue, en ayant pris soin de mettre une tenue plus adéquate et d’enfermer le chat dans un placard, et me voilà à tenter d’attraper les poulettes…. quand mon voisin arrive en me disant, d’un air entendu « Je sais pas ce qu’elles font là elles ? Elles étaient sur ma fenêtre, j’ai trouvé ça bizarre des poules en pleine ville, y’a pas d’élevage là ! ». Je lui explique que non, ce sont mes nouveaux animaux de compagnie et nous voilà à tenter des les attraper.

Les poules tournent en rond et se planquent dans les buissons pendant au moins vingt minutes mais nous parvenons à faire une bonne équipe, comme au foot, et on les chope. Il m’aide à les enfermer dans leur jolie maison, et d’un air mystérieux et légèrement sadique il me dit « Ha ben mon chien les mangera pas ce soir ! ».

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Brève de quartier

Juin 2016

Battre la campagne #1

En balade un dimanche après-midi vers la plage, un drôle d’endroit pour une rencontre…

Dans la série  « J’ai pas de bol », moi j’habite à « La lande pourrie », c’est juste à côté de « La Ville au Gris »,  tu sais là où y’a des souris un peu tristes qui crèchent dans un coin pourrave, normal, j’ai pas de bol…

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La magie de Noël

Quelques jours avant Noël, les invitations qui arrivent « et si tu veux, passe Noël avec nous ». Et finalement, c’est chouette de passer Noël en famille, même si ce n’est pas tout à fait la nôtre. Chaque année, le même dilemme, à l’approche des fêtes, vais-je avoir les enfants ? Et ouf, oui, et euh, sinon, on est tous les trois, pas toujours drôle d’être le seul adulte. Toujours faire front, pour les petits bouts qui ne sont plus si petits, qui ne manqueront pas de dire « on s’ennuie » et « on aime pas ça ». Un jeu viendra égayer la soirée, et je trouverai sympa de boire un verre de ce petit Sauvignon bio que j’aime bien.

Alors on est partis aux Haras, ce dimanche après-midi pour trouver des cadeaux sympas (tout est sympa oui, normal c’est Noël). Alors j’ai forcé Lou à bouger, j’ai voulu tenir la main de Noé pour ne pas le perdre. Alors Lou à voulu se perdre dans les allées bondées de monde, et Noé a rejeté ma main. On étouffait dans les boxes décorés avec force paillettes, les produits artisanaux disposés sur du feutre vert ou rouge (normal, c’est Noël). On étouffait et on voyait défiler les savons, le saumon fumé maison, les bijoux de pierre et d’argent, les jeux médiévaux ou les poteries avec de plus en plus de dégout.

De grosses dames nous poussaient avec leur sac à main, de vieux messieurs hilares regardaient le spectacle, des connaissances de l’école nous reconnaissaient et à chaque fois c’était « oh la la, quel monde, quelle horreur ! ». Alors on est parti, les mains vides, la gorge sèche, le dégout de Noël en bandoulière… La magie de Noël s’était barrée avec les chevaux…

Décembre 2016