Février me voilà !

Ah euh, comment ça ? On serait passé en 2019 ? Et cet insidieux rappel de Facebook, qui m’ordonne de donner des nouvelles aux gens qui suivent ma page (presque 2 000 on est ouf*). Et 2019 qui a déjà grignoté tout janvier, qui nous amène dans « cake » jours au mardi tout gras (ou c’est déjà passé ça aussi ?), à la teuf des amoureux (ben celle là, elle est pas passée, y’a qu’à voir les messages subliminaux, gros comme une publicité pour une marque de lingerie -féminine hein, n’allons pas délirer non plus- sur un panneau 4 par 3, genre J-4 pour trouver le cadeau idéal, hi hi smiley petits cœurs, love sur toi et surtout sur ta carte bancaire), et puis les vacances pour celles et ceux qui ont la chance infinie d’en avoir et d’en profiter pour glandouiller, repeindre des radiateurs en jaune fluo  ou aller voir des musées à Paname ou ailleurs.

Il paraît même qu’il y a un musée Tomy Ungerer à Strasbourg, et que je le savais même pas, et il faut apprendre sa mort pour le savoir. Shit. Ben voilà, février est passé vite finalement non ?

Et comme mon appareil de photographie portatif est HS, j’peux même pas ajouter de photo, mais promis je met à profit les vacances pour résoudre ce problème !


Bon dimanche à vous, smiley cœur et re-coeur, enfin rockeur quoi

10 février 2019

  • *En vrai, bon, j’ai beaucoup moins d’abonnés sur ma page Facebook. 95 fans, et c’est déjà extra !

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Sur mon 31…

sur_mon_31Jour collant. Drôle de journée, engluée dans la douceur de décembre, qui semble ne jamais vouloir nous emmener dans l’hiver. Tant attendu, tant redouté. Voir les crêtes des arbres nus se figer dans la gelée blanche, jeter des châtaignes au-dessus d’un feu brulant, rougir des joues et avoir le bout des doigts tout bleus, ne pas pouvoir manger les malicieux marrons, rire jaune en les épluchant, gober leurs farces couleur terre, attraper froid, se noircir les yeux de braises avant d’aller à un rendez-vous d’hiver sur les pentes cendrées. Oui mais il n’est pas là. Pas encore. Seul subsiste cette étrange journée, fin d’une année pour passer à la suivante dans un petit déluge de fumée grise. Explosive année, tu te barres sur la pointe des pieds, tu t’en vas sans laisser d’adresse, tu t’en vas et avec toi les souvenirs des belles choses, les visages ceux et de celles qui ne sont plus là et quelques promesses fragiles, ça va aller tu verras. Faire face à l’année en se disant que le plus important, comme dirait mon cousin Titi, c’est qu’on s’aime. Bon vent à toi dernier jour de l’an !

31 décembre 2018

Une histoire de Schtroumpf

Ne me demandez pas pourquoi, hier, 22 décembre, avec Lulu, nous avons terminé notre quête de casse-dalle au McDo (j’ose même pas l’écrire en entier) du coin. Ben oui, le kebabier venait de fermer, les boulangeries ne faisaient rien de salé un samedi à 14 heures… Que reste-t-il d’ouvert quand rien n’est tout vert ? Ben oui, eux. Alors, une cagoule sur la tête, un gilet jaune masquant notre plaque d’immatriculation, nous sommes allées piteusement au restaurant hum hum. T’auras beau dire, que ça f’sait longtemps, ha ha, que tu n’avais pas mis les pieds dans c’bordel, tu t’avances d’un pas fébrile vers les bornes de commandes. Hé hé, nouveauté ! Attention tout de même à ne pas glisser sur une potatoes fraichement écrasée par terre avant d’atteindre le Saint Graal qui te permet de choisir ta pitance.

On se saisit d’un chevalet et on se dirige dans la place, cherchant un endroit épargné de miettes et de voisins trop bruyants (et aussi de fenêtres, des fois que connaissances nous reconnaîtraient). On se regarde dépitées, avec un chevalet entre nous. « C’est crade quand même ici non ? » « Ben ouais mais tu as vu le monde, ils peuvent pas tout faire non plus ». Des jeunes filles avec des filets sur la tête sortent des cuisines avec des plateaux et cherchent les numéros sur les tables. L’une d’elles s’avance et nous demande timidement si la commande est à nous. Comme elle porte des glaces, on lui dit que non. Son air dépité m’attriste. Tu parles d’une nouveauté, ils doivent errer à la recherche de numéros, sans doute pressés par un chronomètre d’ordi qui fait le décompte de leur « rapidité = efficacité ».

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Nous regardons les autres gens. Ils mangent comme nous, à n’importe quelle heure. Il est presque 15 heures. Lulu me dit « regarde, le monsieur, il a pris des menus enfants ». En effet, un homme assez âgé, chauve, est attablé devant deux cartons imprimés de Schtroumpfs. Face à lui, son blouson de motard et son petit sac à dos noir. On fait plus gaffe à lui, arrivent nos sandwichs chauds. L’homme à la moto termine son repas (enfin ses, il a pris 2 menus je vous le rappelle), et se saisit soudain de petits sacs plastiques gonflés qui se planquaient dans les box. « Ha ! Mais en fait, le monsieur collectionne les figurines Schtroumpfs et est obligé de se taper des menus enfants tous les jours pour les avoir toutes ». Il se lève, avec ses jouets, et s’avance vers la caisse, où les filles à filets ne font pas vraiment attention à lui. Il reste stoïque et se campe là, bien décidé à attendre. A faire entendre sa voix. Une femme qui semble être cheftaine, s’adresse enfin à lui. Ils échangent brièvement et l’homme repart avec sans doute un Schtroumpf qu’il a pu échanger (gratuitement en plus). Un sourire se dessine sur ses lèvres, lorsqu’ils repartent, lui, ses figurines et son sac à dos. Enfourcher la bécane, sentir l’air frais de la liberté souffler à nouveau, se foutre du regard des autres… peu importe le carton, pourvu qu’on ait les Schtroumpf

22 décembre 2018

Loose un jour…

velo_pleneufToujours particulier, une journée d’anniversaire. Y’en a qui décident de ne pas bosser, d’autres de fêter ça au bureau , d’autres qui boudent en songeant à leurs vertes années, bref, aujourd’hui, c’est mon anniversaire.

J’ai bossé ce matin, mais cet après-midi, nous voilà, avec Noé, partis à Pléneuf pour un rendez-vous médical, qui nous donne aussi l’occasion de prendre l’air au bord de la mer. Chouette, et puis, c’est un peu un jour de fête, alors on se balade le long de la jetée, parmi les vieux amoureux en blousons côtelés qui se tiennent par la main en regardant les maisons inaccessibles avec vue sur mer.

Il y a aussi trois types qui s’acharnent en haut des pins à l’âge honorable, bientôt ratiboisés pour faire place à une résidence « du T2 au T4, de haut standing, pour vivre ou pour investir », ça me fait rêver. Peut-être que les amoureux aussi, va savoir. Noé avec son skate fait des allers-retours le long de la route, je rêvasse à un petit T2 et écoute les conversations des vieux (oui, on est en journée, donc il y a plus d' »anciens »). Deux groupes se croisent et j’entends « moi, ça fait 11 ans que je suis à la retraite ! ». Un monsieur rejoint la bande et s’esclaffe « et moi, ça fait neuf ans, hé hé !! ». Marrant, ils ont l’air vraiment contents… Je les envie presque (à part leur blousons matelassés, là non, j’peux pas).

Bref, nous voilà ensuite partis chez le doc, puis en sortant, l’heure est parfaite pour aller acheter un bon gâteau au Recommandé. Depuis le temps que je salive sur leurs merveilleux desserts via Instagram, cette fois, on y va. Arrivés devant, un petit panneau indique « En congés jusqu’au 14 novembre. ». Mais non, mais non, mais non. On tente de se rabattre sur une boutique de chocolats, puis même des gaufres… la saison est terminée, les boutiques n’ouvrent que le week-end.

Pas grave, sur la route du retour, on voit un panneau à Saint-Alban « Praires farcies, fruits de mer ». Yep ! Bonne idée, à défaut de chocolat, des praires farcies, ça le fait. On s’arrête. Une affiche indique le prix des praires (waouh) mais le poissonnier nous annonce qu’il a vendu les dernières hier, et qu’il en aura demain. Là, on se demande si on est pas victime d’une sorte de mini-malédiction.

Direction Lamballe, place du marché, la nuit tombée et toujours aucune place pour se garer. Comme d’hab’ quoi. On trouve -enfin- une place, on achète nos petits gâteaux. Puis, je décide d’aller chercher un vernis à ongles, d’une marque XY vu l’autre jour. Je rentre dans le magasin, et je constate que le présentoir des vernis a disparu. La vendeuse : « vous cherchez quelque chose ? ». Elle m’indique qu’ils ne font plus cette marque, plus du tout. Je rentre un peu dépitée, et je file au brico-marché, pour acheter des granules. Et là, en passant sur le parking, je constate que le distributeur de granules, que j’ai vu tout l’été, a tout bonnement disparu. Lui aussi ! Je dis à Noé« mais c’est fou ça, ils ont liquidé les granules, tu le crois ? ». Il me regarde et me dit d’un air grave « en ce moment, tout disparaît ».

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14 novembre 2018

 

Gentils coquelicots

Des grappes d’humains se pressaient le long de la falaise. Voir passer les géants des mers, qu’ils disaient dans le Ouest-Fonce. Vas-y Alphonse, pousse toi que j’les voie moi. Léonie éteignit le poste d’un geste las. Des géants aux quatre vents, elle n’en avait cure, finalement. Elle aussi voulait avoir des ailes pour voler, sur les crêtes des volcans d’écume. Surfer sur des vagues insensées et rebelles, oublier un instant sur quelle terre elle était. Une terre hostile, une terre qui n’accueillait plus mais rejetait, des bouteilles à la mer et des bateaux d’exilés divagants de port en port, sans terre d’accueil.

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Une terre où les coquelicots poussaient devant les mairies, désormais. Des lumières à la main, des chants dans la nuit, des pancartes et de l’espoir, pour qu’enfin quelqu’un entende. Mais qui ? Les géants de la pétrochimie, les génies de la finance, les multinationales dont les noms s’affichaient jusque sur les bateaux, quand tu y penses… Elle se demandait qui les entendait, Léonie. Peut-être que tout cela n’était pas pour eux.

Pour ceux qui bousillent, qui épuisent, qui polluent, qui jettent à la mer tant et tant de petites mains dans un puits sans fin, les grands salauds, ou les ptits cons, qui continuent de crier sans vergogne qu’on doit continuer, coûte que coûte, notre train de vie et nos macros-avantages. Fulguro-point ! Ou vas-y que je te bloque la quatre-voie. Oui, elle aimerait bien, survoler la mer, même en hélico, et prendre un peu de distance. Sauter en marche du train, ne pas faire gaffe à l’espace entre le quai et le marche-pied, tendre la main, répandre la flotte qui entre dans le bateau, là-partout, pour que poussent encore des tas de coquelicots.

Novembre 2018

Les absents ont toujours tort…

Ce matin, je suis dans la peau d’un député. Pas d’une députée, désolée mais il n’y a que des mecs dans mon département. Je m’appelle Eric, Marc, Hervé, Bruno ou Yannick. Et c’est vachement dur de se mettre dans la peau de ces mecs-là. Les matins des votes de l’interdiction du glyphosate, ils avaient décidés de se faire porter pâle. Est-ce qu’ils ont appelés l’Assemblée ? Ou leur a-t-il fallu fournir un certificat garanti sans bisphénol A (ben oui, c’est interdit le bisphénol) du Docteur Monsanto ? Est-ce qu’il leur a suffit de ne rien faire, et hop, ça passe comme une lettre à la poste. Tiens, ce matin, j’ai piscine, j’ai pas envie, je viens pas. Deux fois de suite (enfin pour ce vote là, on parle pas du reste).

Oups, vous reprendrez bien un peu de glyphosate ? Ben ouais, parce que quand même, vu qu’il y en a déjà partout, dans l’air que nous respirons, dans l’eau, la brume, les légumes et les céréales du ptit déj, on va pas en faire tout un fromage non ? Et en quoi ça vous regarde vous les petits citoyens ? C’est vous qui faites tourner les boîtes comme Monsanto peut-être ? Oh, ben non, bien sûr. Vous, vous contentez de poster des trucs à la con sur les réseaux sociaux, un vrai poison c’truc, pire que le glyphosate (ha ha). Et ça nous rend sourd, nous, les députés mâles dominants absents ! Ben ouais, c’est comme ça. Peut-être qu’on est contents, peut-être qu’entre-nous, on se regarde pas d’Travert ? On se dit « hé hé, il a suffit de pas venir, et voilà, ça passe pas ! ». Et voilà, pas de loi pour interdire le glyphosate, pas en France, pas en 2018. C’est pas comme si la planète allait mal ! Pis ce matin là, Eric, Yannick, Marc, Hervé et Bruno, ils étaient peut-être ensemble, à euh… réfléchir à des solutions pour sauver la planète (euh mince, on a dit que j’étais dans la peau d’un député…). J’vais pas y arriver. Bon allez les gars, j’vous laisse, c’est pas le tout mais je dois aller au boulot. Pas de certificat, et pourtant, ce matin, j’ai la nausée.

Septembre 2018

Les deux arbres

deux_arbres2018APY’avait cette route, le soleil qui tombait, et ces deux rocs là qui m’attendaient. Y’avait cette question, qui me taraudait depuis la veille. Quoi que tu fasses, que tu souffles la fumée nonchalante pour noyer tes vagues à l’âme ou que tu laisses souffler le vent pur dans tes bronches, sans crier gare elle te rattrape. Un jour ou un autre. J’ai freiné, sur la route qui penchait en pente douce vers l’étang. Puis je suis descendue, je les ai regardé eux, de plus près. Avaient-ils une réponse ? Combien de hurlements aux vents mauvais, combien d’orages, combien de coup de foudre avaient-ils essuyés ?

Leurs silhouettes toutes tordues semblaient bien se moquer de mes questions d’humaine. C’est comme s’ils étaient là depuis la nuit des temps, gardiens de nulle part, de territoires perdus pour le peuple des arbres, de petits champs de batailles qui les avaient jusque là épargnés. C’est comme s’ils résistaient à l’incroyable bordel ambiant, artisans des chouettes nuits et faiseurs d’aube irisée. Des voisins étranges et biscornus, bons vivants rassurants mais mutiques, compères complices qui abritent les oiseaux de nuit ou les ptits amoureux de l’après-midi. Ces deux là, malins, ils n’avaient rien lâché, ils avaient juste apaisé mon spleen de ce soir sans réponses.

Août 2018

But ultime

Les drapeaux au vent, le pays en pré-liesse, le soleil levant… tout dans ce matin respirait un air de « à flon la France », orné de flons flons, sans Yvette Horner et son accordéon, mais tout en bleu, blanc rouge. Les gens avaient mis des drapeaux sortis d’on ne sait où à la fenêtre, les magazines bombardaient leurs couvertures de choses tricolores : mode, maquillage, bouffe et tutti quanti. Je n’avais de blancheur qu’une petite partie de ma peau, de rougeurs que celles laissées par les moustiques ravageurs d’hier soir, et de bleu le ciel éthéré et paumé dans le paysage de mon dimanche matin. Les heures avançaient, et je ne pouvais me résoudre à rejoindre l’une des fans zones aménagées pour la population. A vrai dire, je n’avais pas non plus de plan B (oui, B comme buttttt). A vrai dire, la liesse populaire me donnait quelques frissons. Ces sursauts de joie, ces cris, ces klaxons, cette fumée sans vraiment de feu, me faisaient d’avance tout simplement chier. Tout comme la possibilité d’une défaite, qui laisserait les fans zones entières dans un état de choc et de stupeur que je ne préfère même pas imaginer… D’ailleurs, personne, absolument personne, n’irait parier sur une défaite. Je ne parie rien du tout, je parie que de ma plage, m’arriveront les informations d’un autoradio grésillant, mêlées aux bruits des vagues, et aux cris d’époumoné total que lancera le speaker à chaque but (non non, ne comptez pas sur moi pour un pronostic). Je parie que le monde tournera autour d’un ballon, dans quelques heures, pour un instant d’éternité suspendu aux flons flons tricolores….

15 juillet 2018 (quelques heures avant le match… donc)

Attraper l’été

attraper_ete_2018C’est comme si on sentait que ces quelques jours pouvaient être les derniers. Les derniers d’un été fugace et insolent, qui arrive en avril et pourrait se dissoudre en mai. C’est comme si on voulait capturer ces moments, avec dedans les odeurs de barbecue et la bière qui frise le bord des verres. On prendrait nos vélos, on irait à la plage, on enlèverait nos chaussures pour marcher dans l’eau glacée, on irait aussi sous le soleil, à midi exactement et ça ne nous ferait pas peur, puisqu’on est pas en été.

On prendrait des casseroles pour les poser, bancales, sur des feux de paille. Les placards seraient fouillés, à la va-vite à la recherche de hauts légers et autres trouvailles. Partir vite, dehors, prendre le soleil, capturer l’été pour le garder au cas-où, comme une urgence à en profiter, à retrouver les coups de soleil qui prouvent que tu existes (comme disait France Gall), à faire comme si on était dans un pays lointain, de l’autre côté du monde où le soleil brille plus fort, à dézinguer la grisaille, même si ce n’est que pour quelques jours…

22 avril 2018

Au bord d’avril

On m’avait dit « soit drôle », en ce moment tu sais, l’actu tout ça c’est pas drôle On savait aussi que c’était le premier avril et qu’on devait faire des blagues. La première étant sans doute celle du changement d’heure qu’avait eu lieu, l’autre dimanche, on avait dit que ça s’arrêtait ça non ?  Comment veux-tu être à l’heure après c’est pas possible.

On m’avait dit « la nuit tous les chats sont gris », mais quelle est la bonne heure pour voir le monde en couleurs, pour balancer des poissons à la face des pas drôles, des trublions et des faux jetons* ? On avait dit que ton texte glauque, écrit après minuit, tu ne pouvais pas, non, le balancer à la face de celles qui n’avaient déjà pas très envie de rire, de ceux qu’avaient pas d’œufs (ha merde en plus c’est Pâques), de celles qui ne voulaient même plus se lever tellement la vie, tout ça tu sais c’est pas drôle. On avait dit, que les insomnies ça devait pas servir à coucher des mots déformés par la blancheur de la nuit, étirés comme des élastiques entre quelques étoiles dépitées d’être là, à regarder défiler tes phrases sans queue ni tête. Allez, endors-toi en mars et réveille toi en avril, pose toi au bord d’un nouveau moi, d’un autre mois calendaire où les calembours seraient rois. Allez crois-moi, c’est pas si grave de pas être drôle, de ne pas avoir envie, de ne pas avoir la niaque ou de l’avoir tant et tant que tu manques de temps. Allez dis-moi, on dirait que mon texte pas drôle, je le range pour un autre moment, et qu’en attendant, je vais chercher des lapins dans mon jardin, à moins que ça ne soit des œufs au bord d’avril…

1er avril 2018

* J’adore cette expression, que j’ai longtemps orthographiée « fauchtons » va savoir pourquoi…

On voit de drôles de choses…

onvoit_deceschosesSi tu savais ! M’a dit ce matin mon voisin. On voit de drôles de choses, des maladies rares qui s’attaquent aux gens de moins de 30 ans, des gens qui meurent à 40 en laissant un petit de 5 ans, on voit de ces cons au cimetière, chronomètre à la main -ben oui, il était dans le milieu sportif- pour la minute de silence à te la faire à la seconde près.

On voit des choses, on voit des choses, quand ces gens-là se disent touchés et qu’ils touchent au mauvais endroit, les mauvais cœurs, ceux déjà brisés, calcinés, ravagés ; eux, ces gens-là, ils s’érigent en Monsieur et Madame Je SaisTout qui vont te les prendre en mains, les choses, la douleur et la suite. Et la famille aussi, ah la famille, c’est sacré à ces moments là non ? On voit de ces choses ma p’tite, si tu savais. J’ai même pas eu la force d’aller aux obsèques, y’a trop d’histoires et ça me fait mal de voir ça.

Il a refermé son tiroir-caisse, il a sourit quand même en me disant « ben comme sa fête c’est bientôt, j’irai avec des fleurs pour lui rendre hommage ». Tout seul, son chagrin encore enfermé dans le cœur, le journal emballé autour des fleurs qu’il posera sur un coin de terre gelée, il saura, c’est sûr lui transmettre de l’amour, de l’amitié et de une belle chaleur dans le petit matin glacé de leurs années figées.

25 février 2018

Histoire de déco #1

Dans ma chambre, j’ai mis des disques en déco. Sur le mur, avec des cartes postales, il sont là parce que j’ai plus rien pour les écouter depuis un bail, et que je trouvais qu’ils allaient bien sur mon mur. Avec les couleurs, enfin tu vois le délire quoi. J’ai mis aussi des cartes postales et des affiches, enfin tu vois le délire quoi, bis. C’est marrant comme on peut parfois, mal, évoluer au niveau déco d’ailleurs. J’ai depuis toujours, une sorte de prédilection pour : coller des affiches pourries avec du blutak, accrocher des flyers, des places de concert, des photos d’identité marrantes ou des cartes postales que moi, je trouve belles. Les disques, c’est une sorte innovation. Le truc, c’est qu’après, souvent, le blutak laisse des marques dégueu sur le mur, puis surtout, ça fait pas hyper smart comme déco. Genre, quand tu fais visiter, on peut, parfois, mal, prendre certaines remarques du style « Ha ha, ça me rappelle ton appart pourri à Lamballe ! ». Ou pire « mais ça va pas d’avoir dessiné des tourbillons sur ton mur ! C’est…comment te dire… moche, vraiment ! » (merci Sylvain !). Bon, après, il y a des gens supers qui trouvent que c’est « coloré » et aussi que « ha oui, c’est coloré ». Donc, mes disques, je les ai accrochés avec des petits clous, parce que le bluetak ne faisait pas son job, et ils tombaient tout le temps. Même que dans la nuit, un disque qui te tombe sur la tête, c’est pas terrible. Même de la bonne musique, ça fait mal. Au moins, avec les clous, pas de problème d’adhésion, juste un futur problème de cohésion de mur. What else ? Dirait l’autre avec un clin d’œil vaporeux. Il n’empêche que ces pochettes, dont je ne peux dévoiler sereinement et sans risques de représailles la teneur (halte aux chasseurs de mauvais goût), composent un parfait décor musical et… coloré, très coloré.

Mars 2018