Interdit aux cinéphiles

Si vous voulez un conseil de film à regarder, je sais pas moi, pour vous détendre… ne lisez pas cette brève, ça fait peur 😉

Bienvenue chez les Méchants… et ça fait super peur.

Hier soir, j’ai regardé un film interdit aux moins de douze ans. Y’avait un type chelou et un peu chauve, qui avait 23 identités, et peut-être une 24ème mais on ne sait pas trop. Comme j’avais peur, je n’ai regardé que d’un œil. Alors j’ai pas tout compris. Le mec kidnappe trois adolescentes et ça se termine mal, très mal.

Quand ce grand malade s’est mis à fracasser sa psy qui était venue chez lui, car elle s’inquiétait -pauvre femme- c’en était trop pour moi, et j’ai préféré ne jamais connaître la fin et laisser la dernière survivante avec le super malade, qui, avant que je coupe, s’accrochait au plafond et sautait sur ses proies comme un cabri transformé en Hulk (sa 24ème identité peut-être ?). Mais si j’ai trouvé le sommeil, j’ai aussi trouvé des cauchemars peuplés de sadiques ressemblants étrangement au type du film, avec ses veines qui ressortaient du cou quand il était vraiment très fâché. Fâcheux.

Alors ce soir, pour me détendre un peu après cette nuit de folie, je tombe -au hasard- sur un nouveau film interdit aux moins de douze ans. Et le mec d’hier avec ses trois prisonnières, c’était rien à côté de celui de ce soir. Là, c’est un père de famille qui se fait enlever sa fille par des narco-trafiquants très méchants. « Il est vite confronté à des personnages particulièrement dangereux… » disent-ils à Télérama sur le résumé. Sauf que Bryan, un, il s’appelle Bryan, deux, faut pas l’emmerder, trois, il était agent secret avant d’être retraité. Les mecs ils ont mal choisi leur victime, car c’est un super balèze, et ça se termine mal, très mal. Il y a même un certain Monsieur Makon dans le film, qu’à l’air con mais con. Contrairement à hier, où les pères des trois filles ont été infoutus de les libérer (d’ailleurs où étaient-ils ?) ça se termine mal… pour les Méchants.

Car Bryan sauve sa fille à la fin, après s’être bien bagarré avec tout le monde pendant 1h30 (bagarre est un euphémisme hein, il était doté de méga-pouvoirs). Hé non, pas de spoiler à l’horizon, tout le monde sait qu’à la fin, ce sont -presque- toujours les Méchants qui perdent, sauf si on va se coucher avant la fin. Là, tout peut arriver…

Les brèves d’Agnès (c) 2020
PS : si vous tenez vraiment à avoir les titres de ces deux films, n’hésitez pas, je pourrais vous les dévoiler en commentaires 😉

Bonne année 2020 !

La première brève de l’année… tu la vois, avec un peu d’écume et un goût de beurre et de sucre ?

J’étais assise et j’attendais ma crêpe, près de la cuisine d’où sortait un fumet envoûtant.

A côté de moi, le chat s’était hissé sur la caisse en bois où un panneau au feutre noir indiquait « la maison ne prend pas la CB. Merci ». Merci de quoi ? M’étais-je demandé, moi qui si souvent ponctuais aussi mes messages d’un « Merci » un peu passe partout. Comme le boucher du village qui disait toujours « Et merci hein » avec la même empathie sincère, que vous preniez une tranche de jambon ou la moitié de l’étal.

La maison ne prenait pas les cartes, et en plus elle nous remerciait. De notre compréhension, d’être là quand même, de ne pas gueuler haut et fort, derrière le comptoir usé, de ne pas exiger le terminal de paiement, il n’y en avait pas. Ici, on était au bout du monde et on ne prenait la carte que pour regarder où étaient les sentiers qu’on voulait emprunter au jour le jour… et encore.

Pas besoin de carte, ici. On avait plus besoin de la chaleur d’un endroit comme celui-ci, de la fumée qui s’accrochait aux cheveux, d’une bonne bière qui attendait qu’on lui jette un sort, d’une pause au milieu des vents hurlants, avant de repartir à l’autre bout de l’île.

Au mur, les tableaux racontaient les naufrages ou les sauvetages, les bouées allumaient une lueur d’espoir, le lambris peint en beige semblait être là depuis toujours, l’escalier montait vers l’inconnu, et je n’attendais rien, je savourais l’endroit. Avec mon stylo, je me suis amusée sur le set de table, à griffonner une sorte de carte de bonne année, que j’ai même photographié, puisque le chat entre-temps était descendu de sa caisse. Dommage. Il aurait fait une bien meilleure carte de vœux.

A peine le temps de faire la photo, et voilà que la crêpe arrive, sucre et beurre fondus au goût d’enfance. Alors, que l’assiette est à peine posée sur ma carte éphémère au jeu de mot éventé, la cuisinière me sourit, et moi, je lui dis juste un vrai, un sincère « merci » !

Ouessant, janvier 2020  (c) Les brèves d’Agnès


Et à toutes et tous, qui me suivez depuis longtemps ou quelques jours, je vous souhaite une belle année 2020, qu’elle vous apporte magie, rêves fous et amour.

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Fatal végétal

Une brève qui parle de betteraves, d’animateurs oubliés et de bonne bouffe parce que quand même, ce soir c’est Noël !

Quel est le rapport entre une betterave, un apéro pré-festif et Béatrice Shonberg ? Un rapport malsain, voire toxique, des personnages qui ne se marient pas bien avec « l’esprit de Noël ». Commençons par Béatrice Shonberg (c’est qui déjà elle ?). A priori, ce n’est pas la personne idéale pour passer un réveillon. Elle a gâché le mien. Tandis que je déambulais dans une allée de super-magasin à la recherche de pain de mie, je tombe nez à nez avec un animateur en chemise blanche, micro à la main et air concentré. Il a un petit fan-club de 2 – 3 personnes autour de lui, qui attendent tout aussi concentrées quelque chose. Soudain à mes oreilles, l’association des mots « bouteille de champagne » et « à gagner » a fait tilt. Hé ouais, c’est le grand jeu de Noël. Le pain de mie attendra un peu, je me poste derrière un présentoir en plastok et j’attends la question qui va naître de l’imagination débordante de l’animateur. « Alors, une question pour rester dans l’univers des présentateurs ! » Suspens dans l’auditoire, captivé. « Tiens, (genre il improvise) qui est le mari de Béatrice Shonberg ? ». Ah, le vil, l’imposteur. Les visages se figent. Comme les autres restent muets de stupeur, je tente un « Euh, chais pas, David Pujadas ? ». L’animateur secoue la tête, puis s’éloigne, imperturbable, vers une femme âgée en caddie « Vous avez la réponse Madame ? » L’autre bafouille, dans le micro tendu « Euh, ben Jean-Louis…. » Ah, vous avez le prénom ! Jean-Louis Borloo ! Bravo ! Alors là, les bras m’en tombent… Quel salaud ! Elle avait même pas son nom. A elle le champagne, à moi le pain de mie. Merci Béatrice. Bon, j’ai lâché l’affaire devant tant de mauvais foie gras.

Mais, le soir venu, j’ai voulu me consoler en prenant un petit apéro, tranquilou, en mode « pré-festif » comme dirait ma copine Isa. Et là, inspirée par mon pote de la Casserole Végétale, je coupe quelques rondelles de betteraves chiogga, et je me sers un verre de rosé. Tout allait bien, mon échec à gagner une pauvre bouteille de champagne était déjà oublié, quand ma gorge se mit à se rebeller. Des picotements, des gratouillements, un vin soudain dégueulasse… What ? Je tousse, je crachote, je râclotte, je me sens soudain agressée. En googuelisant mes symptômes, je découvre avec effroi que les betteraves crues sont soupçonnées dans plusieurs cas d’intoxications alimentaires et ou d’allergies. Fatal végétal ! La veille d’un réveillon, être intoxiquée à cause d’une pauvre rondelle de betterave crue, c’est un peu triste.

Alors, pour ne pas risquer vous aussi un malheureux tour de la racine perverse, quelques conseils : éviter les végétaux crus sous toutes les formes, par mesure de prudence. Ah, mais que va-t-on manger ? Pas de panique, rendez-vous sur le blog de la Casserole végétale, il parait que le cuistot a concocté un menu spécial fêtes garanti sans betteraves, ou juste pour la déco 😉

Merci à Sylvain pour son menu spécial fêtes qu’il a l’air trop bon, retrouvez toutes les infos par ici >> Menu spécial fêtes (ça marche pour ton Noël, un dîner aux chandelles avec Jean-Lou, ton reveillon ou toute autre occaz’)

24 décembre 2019

Et en cadeau, une ptite chanson de Noël 🙂

 

 

Chienne de vie

C’est vendredi, une petite histoire qui parle de chiens, ça vous tente ?

Quel est le rapport entre des crottes de chiens, des huîtres et la retraite ? A la base, y’en a pas, on est d’accord. Ce midi, alors que la tempête commençait à s’emballer dans le ciel de décembre, nous étions bien au chaud à deviser en dégustant nos gamelles. Quand, Jean-Claude, en pleine lecture du journal, se mit à pouffer et à s’exclamer « Ben oui, c’est vrai ça, les champignons vénéneux tuent moins que les crottes de chien ».

Euh, est-ce à dire ? Je n’avais pas commencé mon dessert, et cette information vint bouleverser mes croyances. N’aimant ni les chiens, ni les champignons, je ne m’étais jamais vraiment intéressée à la question. Ceci-dit, mourir en glissant sur une crotte de chien, était pour moi quelque chose d’inédit et d’inconcevable. Quand tu n’aimes pas les champignons, hideusement gluants ou très jolis avec des points blancs, tu sais que tu n’en goûteras pas. Ou alors poussé par la faim, alors que les jardins potagers seront devenus des îles sauvagement gardées par d’anciens manants devenus Maîtres du Grand Garde Manger, et que tu n’auras d’autre choix que de te nourrir dans la forêt car tu n’as jamais su faire pousser une carotte… Crotte ! Les crottes, parlons-en. Non seulement tu peux y perdre ta réputation en laissant derrière toi un sillage merdiquement odorant, mais en plus, tu peux y laisser ta vie. Sébastien, un autre collègue semblait bien s’y connaître « Si, si, il y a beaucoup de gens qui meurent à cause des crottes de chiens. Tous les ans, il y en a plein, on en parle pas, c’est tout ». Et voilà l’infâme vérité. D’un sens, on pourrait en parler, mais crever sur un trottoir, le pied subitement heurté par une petite merde de chien bien dure, mais pas assez molle pour juste s’écraser sous ta chaussure… c’est une vérité bien dure à avaler. Un peu comme les huîtres. J’ai jamais aimé ça non plus, les huîtres, et en parcourant d’un œil morne le journal, je découvre que des voleurs ont emporté des tonnes d’huîtres chez un ostréiculteur. Stupeur.

« Ce sont des réseaux bien organisés, affirma alors Jean-Claude. C’est évident. Et bientôt, on se posera la question de la traçabilité. » Seb nous informa qu’on songeait déjà à mettre des fausses huîtres GPS dans les parcs, afin de géo-localiser les voleurs. Intelligent. Quant aux crottes de chiens tueuses, elles pourraient aussi, à l’avenir, faire l’objet de recherches ADN afin de retrouver le maître de la situation délétère qui a conduit la victime à terre.
« Non, je ne pense pas qu’on en arrivera là quand même ! » se marra Jean-Claude tout en avalant son café. Oui enfin, rien n’est moins sûr. Quant aux retraités, qui c’est bien connu, aiment les chiens, les champignons et les huîtres, qui a pensé qu’avec « l’allongement du temps de vie au travail » (quelle belle formule), grâce à la nouvelle réforme, ils allaient ainsi être préservés de tous les risques d’une balade en forêt avec un chien et un petit panier d’huîtres ? Manifestement, ces informations sont passées à la trappe… Comme dirait mon pote Didier, ni Dieu, ni Niche.

13 décembre 2019

pipo

 

Bonus, parce que c’est décembre : la preuve que j’aime les chiens, avec la photo ci-dessous (merci  à mon frangin d’avoir retrouvé cette photo avec Pipo) et la photo de Neige et Cerbère, les chiens de Didier ! Salut les chiens 🙂

Black sunday

Nouvelle brève, qui parle de pluie, de nuit, de tonnelle qui s’casse la gueule tellement il pleut, mais aussi d’étincelles.

Cette flotte qui tombait en continu, rendant le jour aussi sombre qu’un puits, formant un coussin d’eau dans le creux de la tonnelle qu’elle perçait avec un bâton pour en faire dégueuler une trombe d’eau, ne lui disait rien de bon. Le jour serait long, d’un ennui de boue, opaque comme un collant sur l’horizon. Les pieds nus dans ses bottes, Lilas crevait les abcès de pluie tout en songeant à ces accès de tristesse. Ils revenaient les jours vaseux, avec un peu d’aigreur accrochée au cœur, de celle qui reste, de celle qu’on héberge à durée indéterminée.

Hier soir dans les vapeurs de clope, la brûlure du papier sur ses lèvres l’avait piquée au vif. Ses mots s’étaient parqués, regroupés en paquets, puis elle les avait laissé glisser doucement, délivrés, libérés. Il avait reçu tout ça en vrac, et ça avait fait quelques étincelles dans ses yeux, même. De ces promesses fragiles et sensuelles, de ces éclats, qui pénétraient le ciel de ses nuits sans sommeil. Et son sourire, qu’aurait éclairé n’importe quelle journée comme celle-ci. Alors Lilas se prit à rêver, en perçant à nouveau la tonnelle, avec une p’tite pointe d’aigreur, qui s’évaporait doucement dans la lueur du jour.

1er décembre 2019 (c) Les brèves d’Agnès

Les dimanches soirs

Les dimanches soirs sont comme des vendredis soirs sans l’espoir. Ils arrivent comme des cheveux sur une soupe qu’on ne va pas boire, il est tard, déjà. Les enfants attendent, d’être emmenés, les sacs jetés vite fait dans les coffres, les chaussures de sport emmêlées, vite, on va louper le train.

Les dimanches soirs à la gare, c’est toujours autant le bazar, les phares luisent dans une nuit sans cœur, les sens interdits nous empêchent de nous serrer dans les bras, avec Lu, qui s’éloigne avec sa valise bleue acier vers les quais humides, au rythme des feux de détresse. Vite, toujours plus vite, il faut libérer la place, renter à la maison. Clignotements dans la nuit, ronds-points en chantier, rayures blanches sur la route.

On parle un peu, avec Noë. Les questions s’enchaînent, c’est qu’on s’est pas vu depuis une semaine. « Et ton stage, c’était comment ? » « C’était chouette le cirque avec Coco ? » « Et ce soir, ça t’dirait des gaufres ? Ah bon, t’aime plus trop les gaufres ? »

Bip. Un texto de Lu [J’ai oublié ma carte de train chez papa, dans la poche de mon manteau blanc 😭]. Ah, merde, on fait quoi ? On retourne à la gare ? Bah, trop tard, me dit Noë, elle est dans le train. Alors écris-lui juste ‘Inch Allah’. Il se marre, c’est quoi c’t’expression. On roule, encore. Et puis au fait, « t’as mangé quoi hier soir ? ».
Noë enlève ses écouteurs et me regarde, dépité « Non mais, tout à l’heure, tu me posais des questions intéressantes, mais là, c’est pas intéressant, vraiment. » Je me marre à mon tour. C’est quand même drôle les dimanches soirs.

23 novembre 2019

Noir et sans bavure

Depuis vendredi soir, je côtoyai la gare de Lamballe plus que de raison.

Depuis vendredi soir, je côtoyais la gare de Lamballe plus que de raison. Pour des raisons diverses et avariées maintenant, je devais aller chercher des amis qui arrivaient tout droit  de Paname, ma fille de Guingamp et mon frère d’Epernon. Que du beau monde, qui venait rien que pour moi, et même pas pour Lamballe ou le festival Noir sur la Ville qui se déroulait ce week-end là.

Il régnait un drôle de bordel à la gare. Ils avaient instauré un sens de circulation  curieux, et les véhicules y allaient bon train pour faire n’importe quoi, malgré les panneaux jaunes moutarde qui braillaient dans la nuit. Il flottait à tout va, et je commençais à avoir mal à la gorge. Une folle envie de tisane au miel, alors que le samedi devait être tout sauf un truc qui ressemble à une envie de tisane. C’était mon anniv’, et les potes qui affluaient de toute part ne tournaient pas à la tisane, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais je m’égare. Je voulais parler du festival Noir sur la Ville, car j’avais  bien l’intention d’y faire un tour le dimanche, à l’occaz des voyages retour de mes amis. Et puis, y’avait Dimitri, alors je m’étais dit que c’était idéal pour lui acheter son livre. Local quoi.

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Même les vitrines sont Noir sur la ville

Alors dimanche, je file à la salle des fêtes après avoir déposé le dernier voyageur. Ce dont je ne me doutais pas, c’est que c’festival, il faisait pas genre « non-stop », comme à Saint-Malo, les auteurs derrière leurs tables à grignoter une galette saucisse et un verre de bière (et les boutanches sous le stand, videurs et tout l’tralala). Non, je me suis cassée le nez sur les portes vitrées, fermées qu’elles étaient.

Treize heures et des bananes, et moi qui n’avais dormi que deux heures, je me voyais mal faire un aller-retour de plus. Dépitée, les yeux cernés, je tournais les talons quand trois gus en imper sont sortis, cigarettes en main. Des auteurs. La porte claqua et ils constatèrent qu’ils ne pourraient pas rentrer non plus, mais c’était pas grave puisque tous les bénévoles étaient dans la salle annexe, d’où s’échappait un joyeux brouhaha.

Comme je n’osais pas trop rentrer, l’un d’eux m’accompagna dans la salle et j’y trouvais en réalité bien plus de gens que je n’aurais imaginé : Claudia, Isa, Hervé, Annie, Véro, Marie-Cécile, Clo et Philippe, Christine, Martine, Cornélia, Sebastien, JIB, Denis, Dimitri et j’en oublie, une foultitude de bénévoles et d’auteurs. Y’avait une sacrée ambiance. On sentait que c’était pas du pipeau, ça chantait bon et ça mangeait des bonbons. Je me suis assise un peu avec eux, de toute façon, à vrai dire, je tenais à peine debout. Après une ovation des cuistots, des barmaids et de l’asso, on a dû regagner le festival qui rouvrait ses portes. « Au boulot ! » . Je ne m’étais pas tapé l’incruste, mais je me disais que quand même, un peu. Surtout que je n’étais ni bénévole, ni autrice, ni cuistote, ni rien. Mais, j’adore le polar, ça compense. Et puis, les auteurs, c’est pas c’qu’on pense non plus, faut pas croire. L’ambiance n’était pas noire, elle était plutôt solaire, joyeuse et chaleureuse.

Près de l’entrée, des filles vendaient des gobelets,des badges, et les auteurs, des bouquins. J’en choisis quelques uns, et je me dirigeais vers la caisse, qui se situait juste derrière un écrivain. Il lança à la volée qu’à chaque fois que quelqu’un venait payer, il espérait qu’on lui prenne -aussi- son livre… pis non. Alors je me suis dis qu’il fallait l’aider (bon, j’étais pas aidée par mon état, la soirée, la nuit sans sommeil, la tisane, tout ça tout ça). Je me suis mise à faire l’article, proposant le livre à un père de famille en sweat bleu, qui regardait la couverture d’un air dubitatif tout en serrant contre lui un petit livre à la couverture noire. Il semblait intéressé, j’en ai rajouté des tomes. Bon, je sais, c’était pas fin fin, mais ça me faisait marrer… Pas lui. Il a levé la tête, crispé un peu plus ses doigts sur le livre, et il m’a lancé d’un ton sec « J’attends juste pour payer le livre pour ma fille, et comme je viens d’arriver, je voudrais bien faire le tour ». Le vieux tacle dans ma face. Il a téléporté son sweat-shirt bleu vers le stand d’en face  en me lançant un regard noir.

Denis, qui n’avait rien manqué de la scène, était mort de rire. L’auteur, a dit que de toutes façons, même s’il revenait, il préférait qu’il ne lui achète pas son livre vu qu’il était un peu coincé du bas du dos (bon, peut-être qu’il a dit ça comme ça, et qu’après, le type est revenu et il lui a pris un livre, je ne saurais jamais). Bref, pour ne pas perdre la face, j’ai acheté le premier bouquin de la pile, convaincue par ma propre promotion. Et un livre de plus, au point où j’en étais.

J’ai dû ensuite regagner la sortie, saisie par deux vigiles, qui ont surgit d’on ne sait où, sans doute alertés par Sweat Blue, et qui m’ont éjecté du festoche… mais non, c’est pas vrai, ils sont pas comme ça à Lamballe. N’empêche, que maintenant, certes, mon banquier va jaunir, mais n’en déplaise à ce vil personnage, j’ai des histoires noires à lire, quand je pourrais pas dormir ou qu’il fera noir sur ma ville…

18 novembre 2019

Un ptit tour sur le site du festival Noir sur la Ville s’impose !

Et puis les romans de la brève :

  • « Pêche interdite » de Denis Flageul. Ed. Atelier IN8
  • « Au Tribunal » de Dimitri Rouchon-Borie. Ed. La manufacture du livre
  • « Le goût de la viande » de Gildas Guyot. Ed. Atelier IN8

De l’autre côté du mur…

« C’est trop difficile de s’évader » chante Daniel Balavoine dans un reportage spécial ce soir.

« C’est trop difficile de s’évader » chante Daniel Balavoine dans un reportage spécial pris au vol ce soir. Il y a des vielles personnes qui se rappellent des débuts de Daniel, son frère Guy et Lynda la programmatrice belge (ou suisse sais plus). On voit des images d’eux jeunes, puis ils témoignent vieux (sauf Daniel bien sûr). Alors que Daniel va à Berlin, il est indigné par ce mur à la con, le mur de la honte. Il décide d’écrire un album sur ça et ça s’appelle « Les aventures de Simon et Gunther » sorti en 1977. Deux frangins, l’un à l’Est, l’autre à l’Ouest.

Puis, il passe à la télé, et tape dans l’œil de Michel Berger qui curieusement regardait la télé ce soir là avec France. Le mec prend son téléphone, appelle Lynda (vous suivez toujours ?) qui lui passe Daniel, qui curieusement était à côté. Et c’est parti pour la comédie musicale, Dany est embauché à Starmania (pas le magasin, l’opéra rock).

3149115302_1_2_4f46WuqXGuy raconte que son frangin avait un visage poupin et avec ses tifs, ben c’était pas gagné (ça c’est moi qui le rajoute mais bon). « Et voilà, c’était notre série sur le Mur de Berlin », intervient Laurent Delahouse soudain à nouveau à l’écran. Avant de quitter Daniel et ses amis, on revoit des images d’archives, blousons de cuir étriqués et cheveux choucroutés sur la tête, et les héros entonnent « Nouhouhou, tout c’qu’on veut c’est d’être heureux, être heureux avant d’être vieux ».

Et hop, Laurent réapparaît alors, avec sa posture d’homme moderne, cheveux savamment décoiffés sur le côté, des cartons dans la main pour faire style qu’il lance les sujets alors qu’en vrai, il a un prompteur. Et hop, on change de sujet. Et hop, on change d’époque. Le mur de Berlin est tombé, Daniel et Michel ne sont plus là, et d’autres murs, visibles ou invisibles, continuent de s’ériger entre les peuples alors que nous, tous, toutes, tout c’qu’on veut, c’est toujours d’être heureux avant d’être vieux.

9 novembre 2019

PS : j’ai honteusement piqué deux photographies sur internet, n’ayant pas eu la présence d’esprit de faire une jolie photo hier soir, j’espère que je ne serai pas poursuivie…

Le bonheur s’il vous plaît

Comme dirait l’autre, je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien. Alors tu me demandes à quoi ça tient le bonheur ?
A pas grand chose, à ces petits riens qu’on ne savoure parfois que du bout des lèvres, à cette émotion qui monte quand Lu joue du piano, bonheur absolu, à la mer émeraude sur laquelle déboule un arc-en-ciel, à ce phare dans la nuit, sur lequel poser nos yeux perdus, à ces bains, ces câlins, ces nuits sans fin. A ces arbres, centenaires, ces mers de sable dans le désert et des tempêtes qui nous rappellent qu’on est juste de passage, qu’on se doit de rester humbles. A ces combats aussi, pour ne pas laisser mourir ces richesses sauvages, victimes de la folie des uns, de la lâcheté des autres, de toi, de moi. A quoi ça tient le bonheur ? A l’amour, à la joie, à la solitude aussi parfois, à toi, à moi, à notre liberté, tout simplement, à inventer, encore et encore…

9 novembre 2019

Merci à Francine pour son atelier d’écriture sur… la joie ! Et vous, c’est quoi votre recette du bonheur ? Vous avez 2 minutes ! Merci, coeurs et joie 🙂

Surgelés, vous me chauffez grave !

Quel est le rapport entre un plat surgelé, Miossec et Lou Douillon ? Y’en a pas à la base.

Quel est le rapport entre un plat surgelé et Lou Douillon ? Y’en a pas à la base. Mais l’autre jour, j’étais à un concert de Miossec (donc encore aucun rapport) quand je rencontre une connaissance, qui me raconte avoir vu le concert de Lou Douillon la veille, et qu’elle avait aimé car Lou, appelons-la-lou, a dit « on a le droit de pas toujours être en forme, d’être de mauvaise humeur, de pas avoir la pêche »… tu vois le truc quoi. Et ça, ben ça nous a plu (j’y étais pas mais je valide totalement).

Et alors, le plat surgelé dans tout ça ? Ce soir, en triant mes nombreux mails polluants, entre les pyjamas fun en promo -livraison offerte jusqu’à lundi waouh (depuis quand c’est fun un pyjama ?), les lettres d’infos diverses où se croisent les jumeaux de Céline Dion, les premiers signes de l’infarctus chez la femme, les charcuteries contaminées, la terrible vérité sur Patrick Bruel, votre dernière facture de téléphone (ah merde), « Dites à votre ami BruBru22 que vous pensez à lui aujourd’hui pour son anniversaire (pff je le savais déjà), je tombe sur un mail d’une boite de surgelés célèbre qui me propose carrément un plan alléchant, c’est la « Minute Inspirée d’octobre ». Biens inspirés les mecs qui ont pondu ça en tout cas. Ils ont appelé ça le « Batch cooking, je cuisine ma semaine en 1 heure ». En 1, tu fais ton menu de la semaine (non incroyable), en 2, tu te fournis chez eux car tout est prévu et super pratique, pré-découpé, pré-lavé, pré-maché, tu gagnes tu temps on te dit. Enfin en 3, l’idée de génie, tu passes 1 h le dimanche à cuisiner, puis 10 minutes par soir pour réchauffer les plats. Un bon batch cooking, une bonne organisation de malade, et ça te laisse du temps supplémentaire… pour trier des mails à la con !

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Alors, comme Lou, j’ai envie de dire « Bon, ben ce soir, là, comme ça, j’en ai marre d’être prise pour une débile par tous les marketeurs de la Terre qui s’allient jour et nuit pour polluer ma boîte mail avec leurs injonctions tout droit sorties de leurs cerveaux congelés ».

Faut pas leur dire, leurs messages vont être bien au chaud… dans la poubelle 😉

25 octobre 2019

Mon oeil !

Sale gueule. Oui, j’avais une sale gueule ce matin là. En déjeunant, je ruminais des céréales en me disant que ça y était, j’avais dû vieillir plus vite cette nuit là, que l’ouvrage du temps avait fait outrage à ma tronche, que ça se passait comme ça en fait, mais que personne n’en parlait… tu m’étonnes. Tu te réveilles un matin et tu n’es plus comme la veille… En voulant cacher cet état par une mascarade, je me disais que quand même, cette drôle de tête n’était vraiment pas possible.

En y jetant un œil de plus près, je m’aperçus qu’en fait, cette drôlerie apparente venait d’une paupière enflée. Légèrement soulagée, même si mes paupières étaient lourdes, je vaquais à mes occupations habituelles, sans plus me sourciller de mon œil. Sauf qu’au fil de la journée, ma paupière me tirait par la manche, me déclarait sa flamme et me poussa à la regarder à nouveau. Cette fois, c’était sûr, elle et moi, on avait un problème.

Je me dirigeais vers une pharmacie, espérant y trouver une oreille attentive. La pharmacienne scruta mon œil avec attention et me délivra son diagnostic « vous devez avoir un chialazon ». Un chiala-quoi ? N’osant lui demander d’épeler, je consultais wikimédica pour avoir la définition de ce chialachiant « Un chalazion est la conséquence d’une inflammation provoquée par l’obstruction du conduit d’évacuation d’une glande de Meibomius, à l’intérieur de la paupière supérieure et/ou de la paupière inférieure. » Ha ben voilà, un chalazion, qui, selon la pharmacienne, m’obligerait à consulter un médecin pour avoir une pommade antibiotique qu’elle ne pouvait me délivrer, me condamnant à vivre tout le week-end avec Chalamachin squattant ma paupière… En rentrant le soir, je me suis rappelée que ma maman appelait ça un « compère-loriot », un bien joli mot pour ce genre de maux.

Octobre 2019

Illustration : détail d’une œuvre d’Yvon Le Corre, merveilleux peintre voyageur

Renouveler ou pas ?

On parle blog, on parle mascara, on parle, on parle…mais qu’est-ce-qu’on fait, renouveler ou pas ?

Plus que quelques jours pour renouveler l’abonnement à WordPress pour mon blog. Et là, je me pose plein de questions. J’écris depuis des années, je partage mes brèves depuis aussi un moment, et j’ai un projet de bouquin que j’ai du mal à concrétiser, le boulot, la vie quotidienne, les sorties aussi (ha ben oui), le théâtre, la vie quoi.

Je me demande donc si c’est bien utile que je poursuive ce blog, dans cette formule en tout cas, au vu du coût de l’abonnement et de mes finances du moment. Et puis c’est vrai, je suis parfois découragée quand je vois que des articles sur le dernier mascara Yvon Rochon font plein de vues, je me dis que mes histoires de gaufres moisies ou de barbecue, bon, c’est pas ça qui attire les foules. En plus, le mascara, ça me donne des allergies.

Pourtant, les commentaires de mes abonnés me sont hyper précieux, et partager mes brèves reste très important pour moi. Il y a tant de moments de doute, de trucs pourris que je ne publie pas (et desfois si 😉 ) et de petits moments de grâce… L’écriture est une drôle d’aventure !

J’avais envie de partager ça avec vous, et si jamais vous avez eu les mêmes doutes, laissez moi un commentaire, même si je sais que sur WordPress, ça paraît compliqué 😉 *

Des bises !!

* Des commentaires qu’on écrit, et qui s’effacent m’ont dit certains abonnés dont un avec qui j’ai mangé un poulet rôti dimanche…