La coupe mulet

Mai, mai, que fabriquait-elle ? Depuis avril, je n’ai pu donner, euh pardon, plus donné de nouvelles à mes chers abonnés. On est presque fin mai, et me voilà revenue, avec une nouvelle coupe et de nouvelles résolutions.

Au départ, était une coupe. Pleine de fourches et de pointes qui tiraient toute une équipe vers le bas, c’en était trop, il fallait passer à l’action. Alors qu’en plein confinement, j’avais moi-même pris les ciseaux, ce qui n’était pas une frange réussite, j’ai décidé de confier la tâche à un homme de l’art. Confiante je l’étais. Déçue je ressortu. La vérité sortant toujours de la bouche des enfants, lorsque ma fille me regarda un matin en s’exclamant « mais en fait, il t’a fait une coupe mulet ! », j’ai su que la situation était grave, voire désespérée. Jamais, je n’avais été si ratée.

« Il t’a fait une coupe mulet « 

Pourtant, je suis en général radieuse lorsque je quitte mon coiffeur. Sans doute l’effet des laques et autres produits à l’odeur suspecte vaporisés en grande pompe, mais passons. Cette fois-ci, je m’entends encore dire à Lulu « J’adore, ça fait vintage cette coupe ! ». Pour sûr, comme dirait mon collègue Sylvain, « c’est le mot, vintage ! » en partant dans un grand éclat de rire sardonique. Heureusement, le télétravail me sauvait temporairement des remarques de mes acolytes, sauf lors des visios obligatoires, véritables séances de torture pour qui est mal luné. Vous voyez bien que la situation est grave ! Bien sûr, on me dira, d’un petit air pincé et énervé qu’il existe des choses bien plus dramatiques dans la vie qu’une sombre histoire de tifs mal taillés, « Barrette de te plaindre oui ! » (désolée, j’ai pas pu m’empêcher) mais en vrai, c’est assez dingue de se dire qu’une poignée de cheveux et une frange au bol peuvent vous gâcher la vie.

Avec Lulu, on a quand même trouvé ça drôle cette histoire de coupe mulet. Il se trouve que la vielle, j’avais vu un reportage (génial au demeurant) sur les débuts de David Bowie et que, ce point commun entre nous n’était finalement pas si déplaisant. Un ‘Heroes’ aux audaces capillaires, qui offrait des lettres de noblesses dorées à mon désarroi, mon petit moi bouleversé .

Ce héros, David Bowie au Haddon Hall à Beckenham, Kent, en Angletterre en 1970

Comment rattraper une coupe ratée ?

On est peu de choses finalement. Un jour, tu entres en toute confiance chez un coiffeur, tu y vas parce que ta coupe est pleine et tu te retrouves le lendemain a googeliser frénétiquement « Comment rattraper une coupe ratée ? ». Parce qu’en une seule nuit, les choses se sont, comment dire, dégradées. Alors, c’est sûr qu’il y a des solutions, comme mettre un « joli bandeau », pourquoi pas si on veut fêter Pâques après l’heure, mais frangement, je trouvais que le mieux était de retourner chez ce coiffeur et de lui dire tout le mal que je pensais de son art.

En racontant ça aux copines de ma fille, que je ramenais un soir dans mon automobile, elles se sont de suite montrées solidaires. Méli a dit « Tu as raison, on ose jamais y retourner, mais ça peut rendre service et éviter qu’il refasse ça à d’autres ». Exactement ! Lulu accueilli la nouvelle plus froidement « Oh non, tu ne vas pas y retourner ? T’as pas fait ça ? », quant à Abi, elle n’en revenait pas, surtout quand je leur expliquais que j’avais imprimé quelques photos de ma coiffure et fais des schémas, histoire qu’on se comprenne mieux, lui et moi. « Je le crois pas, t’as fait une plaquette ! Une plaquette !! ».

Désarroi de pacotille

Je l’avais d’ailleurs appelé la veille, et lorsque sa petite voix vibrionnante susurrât «Cédric à votre service, que puis-je pour vous ? » j’avais attendu quelques secondes avant d’annoncer la couleur.

Première victoire, et pas des moindres, j’ai réussi à lui caser dans la même phrase que ma coupe me souciait et que de l’avis général ça ressemblait vraiment à une coupe mulet, et que je n’étais pas consentante au départ. Le hic, c’est qu’il a fallu assumer d’y retourner, en vrai. Ma petite plaquette dans la poche, mes phrases bien peignées pour éviter qu’il ne me massacre à nouveau, ma honte un peu aussi. Il pris un air dubitatif en scrutant ma chevelure, le Cédric. Sûr de lui, il affirma que le problème venait de ma frange, trop longue et que les « bosses » étaient dues au fait que mon shampoing datait de trois jours. Arg, le vil ! Voilà pourquoi ils posent la question fatidique « Le dernier shampoing date de quand ? » Il me proposa donc de tailler dans la frange, et pour mes « longueurs», il fallait mieux attendre que cela repousse, car « recouper ne ferait qu’aggraver, croyez-moi ». Je me laissais faire, mollement, surtout avec un Cédric ciseaux en mains, on se sent moins en force d’un coup. Je suis ressortie quinze minutes plus tard. Indemne. J’ai repensé à David Bowie et je me suis faite une raison, avancer, malgré les critiques et les talons trop hauts.

Tu ressembles à un Playmobil…

Combien sommes-nous devant le miroir de nos déconvenues ? A qui se fier lorsque nous nous sentons flouées, malmenées, blessées par une image qui ne nous dit plus rien de bon ? Et pourquoi se faire autant de mal, pour ces mèches rebelles qui se retournent soudain contre nous ? Alors oui, on se doit d’assumer, on se dit que le plus important, c’est pas la coupe mais ce qu’il y a dedans.

N’empêche, à mon retour, je n’ai pas pu m’empêcher de demander à mon fils un avis. Après réflexion, il me dit que je ressemble à un Playmobil. Ha ha, je passe de Bowie au statut de jouet qui raconte des histoires, ma foi, ça reste cohérent. Puis, lorsque je suis ressortie acheter du pain, fière d’arborer ma jolie frange courte, mes bras bloqués le long du corps, le boulanger du coin m’a salué avec un très rassurant « Hé, toujours vintage à ce que je vois ! ». Normal, puisque j’avais mis ma tunique orange.

28 mai 2021

PS : nouvelle résolution, et pas des moindres, je vous promets plus de régularité à l’avenir ! Et l’autre résolution, et pas des moindres, c’est bien sûr de ne plus retourner de si tôt chez un ou une coiffeuse, je crois que là, il va falloir du temps…

Et je suis toujours preneuse de vos conseils musicaux ou capillaires 😉

Bon week-end à vous !

Une fois n’est pas coutume, une bande annonce et quelques belles inspirations capillaires.

7 réflexions sur “La coupe mulet

  1. Frangement, ta coupe est pleine …mais c’est encore une très belle brève Agnès!
    Coco Chanel disait : « une femme qui se coupe les cheveux est une femme qui s’apprête à changer de vie »… le principal est d’avoir osé aller chez ce coiffeur, non??…le reste suivra …et on quand on le pourra, on reviendra en terrasse …trinquer avec toi …avec des perruques de couleur si il le faut …car ça aussi c’est essentiel!! Bises chaleureuses

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  2. Frangement, ta coupe est pleine …mais c’est encore une très belle brève Agnès!
    Coco Chanel disait : « une femme qui se coupe les cheveux est une femme qui s’apprête à changer de vie »… le principal est d’avoir osé aller chez ce coiffeur, non??…le reste suivra …et on quand on le pourra, on reviendra en terrasse …trinquer avec toi …avec des perruques de couleur si il le faut …car ça aussi c’est essentiel!! Bises chaleureuses

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