Le ciel par-dessus le toit, Natacha Appanah

« Je me tiens au centre de ce que je ne veux pas nommer
Si je dis le vrai nom des choses qui habitent ici
La beauté la tendresse et l’imagination s’envolent à travers la fenêtre
J’oublie parfois, pourtant
Voici un lit, voilà une chaise, ici une cuvette. »

Ainsi commence le roman « Le ciel par-dessus le toit », dont le titre est tiré d’un poème de Verlaine (le ciel est par-dessus le toit). C’est l’histoire d’une famille où il y a Loup, un gamin qui se retrouve en prison, pardon (balcon grognon), maison d’arrêt est le mot juste, Paloma, sa grande sœur, et leur drôle de mère, qui s’appelait Eliette. Il y a aussi le docteur Michel, perdu dans sa grande blouse blanche et sa vie trop étriquée.

Ces regards-là

Il y a les mots, les mots bleus, comme le ciel, les uniformes ou les anémones que Paloma dispose dans un verre à bière « parce qu’elle n’a pas de vase chez elle bien qu’elle aime beaucoup les fleurs – elle préfère les bocaux vides, les cruches aux bords ébréchés, les verres à moutarde. » Il y a cette enfant, des années auparavant, peut-être le début d’une histoire où la beauté veloutée affronte les regards bien trop pressants, effrayants, indécents. « Ces regards -là disent des choses qu’elle ne connaît pas encore mais dont elle pressent la violence et l’étrangeté ». Un début possible, d’explication, de la situation, des choses telles qu’elles sont, en demi-teintes, souvent sombres, parfois étranges, un cheminement qui nous entraîne avec une grande pudeur au sein d’une famille dé-composée et pas tranquille.

Faibles lueurs et noirceur traversent ce roman court et intense, avec des personnages qu’on oublie pas, à commencer par Eliette, très beau portrait de fille, prisonnière de sa beauté, du regard des autres et qui devra passer par des étapes douloureuses pour s’en sortir. Fuir. Renaître de ses cendres. Méandres, Cassandre.

Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?
*

J’ai adoré ce roman, le neuvième de Natacha Appanah, que je lis pour la première fois. J’ai sur ma liste depuis un moment « Tropique de la violence », que je vais m’empresser de trouver ! Que dire ? C’est un roman dont j’ai aimé l’écriture, subtile et sublime, des petites trouvailles géniales, et les personnages de cette saga familiale fulgurante m’ont longtemps accompagné après ma lecture. De plus, ce roman ouvre plein de pistes, mais comme j’ai peur de dévoiler des trucs, je vous laisse à votre future lecture ! Et j’ai hâte de lire d’autres romans de Natacha Appanah.

« Le ciel par-dessus le toit »
Natacha Appanah
Gallimard

Merci à la bibliothèque de Lamballe pour le prêt 😉

  • Verlaine, le ciel est par-dessus le toit. Sagesse 1881
  • Cette fois, pas de podcast, je suis en train de tester plusieurs solutions, car le premier n’était pas super satisfaisant (je parle du matos et du rendu bien entendu). Et vous, avez-vous lu des romans de Natacha Appanah ?

Une réflexion sur “Le ciel par-dessus le toit, Natacha Appanah

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