Fatal végétal

Une brève qui parle de betteraves, d’animateurs oubliés et de bonne bouffe parce que quand même, ce soir c’est Noël !

Quel est le rapport entre une betterave, un apéro pré-festif et Béatrice Shonberg ? Un rapport malsain, voire toxique, des personnages qui ne se marient pas bien avec « l’esprit de Noël ». Commençons par Béatrice Shonberg (c’est qui déjà elle ?). A priori, ce n’est pas la personne idéale pour passer un réveillon. Elle a gâché le mien. Tandis que je déambulais dans une allée de super-magasin à la recherche de pain de mie, je tombe nez à nez avec un animateur en chemise blanche, micro à la main et air concentré. Il a un petit fan-club de 2 – 3 personnes autour de lui, qui attendent tout aussi concentrées quelque chose. Soudain à mes oreilles, l’association des mots « bouteille de champagne » et « à gagner » a fait tilt. Hé ouais, c’est le grand jeu de Noël. Le pain de mie attendra un peu, je me poste derrière un présentoir en plastok et j’attends la question qui va naître de l’imagination débordante de l’animateur. « Alors, une question pour rester dans l’univers des présentateurs ! » Suspens dans l’auditoire, captivé. « Tiens, (genre il improvise) qui est le mari de Béatrice Shonberg ? ». Ah, le vil, l’imposteur. Les visages se figent. Comme les autres restent muets de stupeur, je tente un « Euh, chais pas, David Pujadas ? ». L’animateur secoue la tête, puis s’éloigne, imperturbable, vers une femme âgée en caddie « Vous avez la réponse Madame ? » L’autre bafouille, dans le micro tendu « Euh, ben Jean-Louis…. » Ah, vous avez le prénom ! Jean-Louis Borloo ! Bravo ! Alors là, les bras m’en tombent… Quel salaud ! Elle avait même pas son nom. A elle le champagne, à moi le pain de mie. Merci Béatrice. Bon, j’ai lâché l’affaire devant tant de mauvais foie gras.

Mais, le soir venu, j’ai voulu me consoler en prenant un petit apéro, tranquilou, en mode « pré-festif » comme dirait ma copine Isa. Et là, inspirée par mon pote de la Casserole Végétale, je coupe quelques rondelles de betteraves chiogga, et je me sers un verre de rosé. Tout allait bien, mon échec à gagner une pauvre bouteille de champagne était déjà oublié, quand ma gorge se mit à se rebeller. Des picotements, des gratouillements, un vin soudain dégueulasse… What ? Je tousse, je crachote, je râclotte, je me sens soudain agressée. En googuelisant mes symptômes, je découvre avec effroi que les betteraves crues sont soupçonnées dans plusieurs cas d’intoxications alimentaires et ou d’allergies. Fatal végétal ! La veille d’un réveillon, être intoxiquée à cause d’une pauvre rondelle de betterave crue, c’est un peu triste.

Alors, pour ne pas risquer vous aussi un malheureux tour de la racine perverse, quelques conseils : éviter les végétaux crus sous toutes les formes, par mesure de prudence. Ah, mais que va-t-on manger ? Pas de panique, rendez-vous sur le blog de la Casserole végétale, il parait que le cuistot a concocté un menu spécial fêtes garanti sans betteraves, ou juste pour la déco 😉

Merci à Sylvain pour son menu spécial fêtes qu’il a l’air trop bon, retrouvez toutes les infos par ici >> Menu spécial fêtes (ça marche pour ton Noël, un dîner aux chandelles avec Jean-Lou, ton reveillon ou toute autre occaz’)

24 décembre 2019

Et en cadeau, une ptite chanson de Noël 🙂

 

 

Chienne de vie

C’est vendredi, une petite histoire qui parle de chiens, ça vous tente ?

Quel est le rapport entre des crottes de chiens, des huîtres et la retraite ? A la base, y’en a pas, on est d’accord. Ce midi, alors que la tempête commençait à s’emballer dans le ciel de décembre, nous étions bien au chaud à deviser en dégustant nos gamelles. Quand, Jean-Claude, en pleine lecture du journal, se mit à pouffer et à s’exclamer « Ben oui, c’est vrai ça, les champignons vénéneux tuent moins que les crottes de chien ».

Euh, est-ce à dire ? Je n’avais pas commencé mon dessert, et cette information vint bouleverser mes croyances. N’aimant ni les chiens, ni les champignons, je ne m’étais jamais vraiment intéressée à la question. Ceci-dit, mourir en glissant sur une crotte de chien, était pour moi quelque chose d’inédit et d’inconcevable. Quand tu n’aimes pas les champignons, hideusement gluants ou très jolis avec des points blancs, tu sais que tu n’en goûteras pas. Ou alors poussé par la faim, alors que les jardins potagers seront devenus des îles sauvagement gardées par d’anciens manants devenus Maîtres du Grand Garde Manger, et que tu n’auras d’autre choix que de te nourrir dans la forêt car tu n’as jamais su faire pousser une carotte… Crotte ! Les crottes, parlons-en. Non seulement tu peux y perdre ta réputation en laissant derrière toi un sillage merdiquement odorant, mais en plus, tu peux y laisser ta vie. Sébastien, un autre collègue semblait bien s’y connaître « Si, si, il y a beaucoup de gens qui meurent à cause des crottes de chiens. Tous les ans, il y en a plein, on en parle pas, c’est tout ». Et voilà l’infâme vérité. D’un sens, on pourrait en parler, mais crever sur un trottoir, le pied subitement heurté par une petite merde de chien bien dure, mais pas assez molle pour juste s’écraser sous ta chaussure… c’est une vérité bien dure à avaler. Un peu comme les huîtres. J’ai jamais aimé ça non plus, les huîtres, et en parcourant d’un œil morne le journal, je découvre que des voleurs ont emporté des tonnes d’huîtres chez un ostréiculteur. Stupeur.

« Ce sont des réseaux bien organisés, affirma alors Jean-Claude. C’est évident. Et bientôt, on se posera la question de la traçabilité. » Seb nous informa qu’on songeait déjà à mettre des fausses huîtres GPS dans les parcs, afin de géo-localiser les voleurs. Intelligent. Quant aux crottes de chiens tueuses, elles pourraient aussi, à l’avenir, faire l’objet de recherches ADN afin de retrouver le maître de la situation délétère qui a conduit la victime à terre.
« Non, je ne pense pas qu’on en arrivera là quand même ! » se marra Jean-Claude tout en avalant son café. Oui enfin, rien n’est moins sûr. Quant aux retraités, qui c’est bien connu, aiment les chiens, les champignons et les huîtres, qui a pensé qu’avec « l’allongement du temps de vie au travail » (quelle belle formule), grâce à la nouvelle réforme, ils allaient ainsi être préservés de tous les risques d’une balade en forêt avec un chien et un petit panier d’huîtres ? Manifestement, ces informations sont passées à la trappe… Comme dirait mon pote Didier, ni Dieu, ni Niche.

13 décembre 2019

pipo

 

Bonus, parce que c’est décembre : la preuve que j’aime les chiens, avec la photo ci-dessous (merci  à mon frangin d’avoir retrouvé cette photo avec Pipo) et la photo de Neige et Cerbère, les chiens de Didier ! Salut les chiens 🙂

Black sunday

Nouvelle brève, qui parle de pluie, de nuit, de tonnelle qui s’casse la gueule tellement il pleut, mais aussi d’étincelles.

Cette flotte qui tombait en continu, rendant le jour aussi sombre qu’un puits, formant un coussin d’eau dans le creux de la tonnelle qu’elle perçait avec un bâton pour en faire dégueuler une trombe d’eau, ne lui disait rien de bon. Le jour serait long, d’un ennui de boue, opaque comme un collant sur l’horizon. Les pieds nus dans ses bottes, Lilas crevait les abcès de pluie tout en songeant à ces accès de tristesse. Ils revenaient les jours vaseux, avec un peu d’aigreur accrochée au cœur, de celle qui reste, de celle qu’on héberge à durée indéterminée.

Hier soir dans les vapeurs de clope, la brûlure du papier sur ses lèvres l’avait piquée au vif. Ses mots s’étaient parqués, regroupés en paquets, puis elle les avait laissé glisser doucement, délivrés, libérés. Il avait reçu tout ça en vrac, et ça avait fait quelques étincelles dans ses yeux, même. De ces promesses fragiles et sensuelles, de ces éclats, qui pénétraient le ciel de ses nuits sans sommeil. Et son sourire, qu’aurait éclairé n’importe quelle journée comme celle-ci. Alors Lilas se prit à rêver, en perçant à nouveau la tonnelle, avec une p’tite pointe d’aigreur, qui s’évaporait doucement dans la lueur du jour.

1er décembre 2019 (c) Les brèves d’Agnès