Concept apéro

apero_times9_8611Tout à l’heure, je suis rentrée du travail, et, sur la route, je me suis arrêtée dans un commerce de proximité. J’ai ainsi réduit mon empreinte carbone (ou pas ?) en me garant au-dessus de l’épicerie, puis j’ai marché vers la-dite épicerie pour acquérir un de ces mets qu’on nous montre à la télé, euh, sur les réseaux sociaux. Ben oui, nul n’est parfait et sans carbone. Satisfaite de mes achats, je suis repartie en laissant l’épicier aux prises avec une bestiole volante et menaçante.

Ensuite, j’ai repris la route et je me suis garée devant chez moi (oui, j’ai une vie passionnante) et là, surprise, un autre épicier était lui aussi garé devant chez moi, avec un camion de vente ambulante. Dingue ! Le commerce vient désormais à moi. Comme je n’avais plus besoin de rien, puisque je venais de faire des emplettes, je suis quand même allée voir le stand. Des saucissons, du fromage, des olives, mais pas que. « C’est un concept apéro ! » me lance le commerçant. Ben ça alors, c’est pile poil ce qu’il me fallait (un apéro) pensais-je. Drôle de concept, en plein désert, euh, village rural. Il y avait des tas de drôles de choses, et j’ai fini par acheter des olives, parce que j’avais besoin de rien et qu’au final, des olives, ça sert toujours. Puis je me suis souvenue d’un ami qui m’avait raconté qu’il pensait être à l’origine du départ du boulanger, car il faisait son pain « ben oui, si tout le monde fait son pain, le mec, il met la clé sous les sacs de farine tu vois ». Alors, j’ai terminé mes courses chez le boulanger, encore ouvert à cette heure, et j’ai pris un bout de pain, même si en vrai, j’en avais pas vraiment besoin.

Mai 2019

Instagramable

IlsarpentaientlesruesIls arpentaient les rues, à la recherche du cliché idéal. Ils arpentaient les rues, et ne voyaient que le prisme d’une fleur fatale, le zoom sur une poignée de porte un peu rouillée, le cadrage serré sur un pavé déformé.

Ils arpentaient les rues, l’œil tendu, la main prête à dégainer, les sens à l’affût. Ils arpentaient les rues, toujours prêtes à les surprendre, à leur donner une vue imprenable qu’eux seuls saisiraient ou qu’ils balanceraient dans les limbes anonymes des paysages déjà vus.

Et elles, elles se laissaient traverser, au-delà des contes et histoires qu’on voulait bien leur prêter. Piétinées parfois par des indélicats, des catastrophes ambulantes qui n’avaient d’autres idées que de les capturer, et ne livraient leurs secrets qu’à quelques poètes égarés, qui ne passent par là que pour cheminer… la tête en l’air !

Mai 2019

Le gâteau gâteux

En cherchant un truc tout à l’heure, je suis tombée sur un paquet de gaufres au sucre perlé, totalement oublié dans la cachette du placard. Elles étaient presque pas périmées, alors j’ai craqué. J’ai ouvert l’emballage plastique puis, fébrile, j’ai croqué dedans. La gaufre, pas l’emballage. J’avais trop faim, de toute façon. Il* avait dit de ne pas manger de trucs solides aujourd’hui, mais tant pis. Je croquais allégrement dans le gâteau industriel, lorsqu’en y regardant de plus près, de petites tâches sombres ne laissaient rien présager de bon et ne ressemblaient plus à du sucre perlé mais à du sucre moisi. Les dates de péremption n’étaient pas là pour rien, et je découvrais avec stupeur des entrelacs transparents virant vers le vert-gris accrochés aux parois du gâteau gâteux. Avisant la gamelle du compost près de moi, j’y ai recraché le moisi objet de mon désir, qui a finit sa course écrasé contre une patate germée et des épluchures de bananes arrosées de marc de café. Rancunières, ces gaufres m’avaient fait payer mon oubli…

2 mai 2019

* Le charmant dentiste qui m’a opérée ce matin même, en me saluant par un « ça va bien ? » auquel mon visage rayonnant de flippe semblait répondre « Euh, yes, hâte de me faire opérer ! »/

PS : la mauvaise nouvelle dans cette histoire c’est que non seulement je consomme des gaufres industrielles, qu’en plus j’oublie et qui du coup, deviennent des déchets… Mais la bonne nouvelle, c’est que je me suis relancée dans le compost !

Et vous, faites-vous votre compost ? Mangez vous des aliments périmés et moisis ? Racontez moi 🙂