Les deux arbres

deux_arbres2018APY’avait cette route, le soleil qui tombait, et ces deux rocs là qui m’attendaient. Y’avait cette question, qui me taraudait depuis la veille. Quoi que tu fasses, que tu souffles la fumée nonchalante pour noyer tes vagues à l’âme ou que tu laisses souffler le vent pur dans tes bronches, sans crier gare elle te rattrape. Un jour ou un autre. J’ai freiné, sur la route qui penchait en pente douce vers l’étang. Puis je suis descendue, je les ai regardé eux, de plus près. Avaient-ils une réponse ? Combien de hurlements aux vents mauvais, combien d’orages, combien de coup de foudre avaient-ils essuyés ?

Leurs silhouettes toutes tordues semblaient bien se moquer de mes questions d’humaine. C’est comme s’ils étaient là depuis la nuit des temps, gardiens de nulle part, de territoires perdus pour le peuple des arbres, de petits champs de batailles qui les avaient jusque là épargnés. C’est comme s’ils résistaient à l’incroyable bordel ambiant, artisans des chouettes nuits et faiseurs d’aube irisée. Des voisins étranges et biscornus, bons vivants rassurants mais mutiques, compères complices qui abritent les oiseaux de nuit ou les ptits amoureux de l’après-midi. Ces deux là, malins, ils n’avaient rien lâché, ils avaient juste apaisé mon spleen de ce soir sans réponses.

Août 2018

 

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