La beauté cachée des lés des lés…

Dimanche grivieux, tout plein de pluie fine et tenace, c’est le bon jour pour m’attaquer à de nouveaux travaux. Je retrouve avec joie Jasmine, ma fidèle décolleuse à papier peints. Oh, je me souviens quand je l’ai achetée, pour 7 euros en solde et que le vendeur de Brico m’a regardé étrangement quand je lui ai dévoilé mon manque d’assurance pour m’en servir, de sa Jasmine. « Rien de plus simple ! » avait-il alors affirmé en se marrant. Que de chemin parcouru ensemble depuis (pas avec le vendeur, avec l’engin). Après avoir vidé quasiment toute la pièce, me voilà, sur l’escabeau prête à en découdre avec le papier-peint violet qui doit disparaître au plus vite. Spatule en mains gantées de vert pomme, les bouts des doigts brûlés par la fougue de la vapeur qui s’échappe bruyamment de la Jaja, me voilà repartie sur les routes de papier. Partir du haut, appliquer la machine, voir la couleur du papier violacé devenir plus sombre, se cloquer bêtement, prêt à s’affaisser alors qu’il y a une minute, l’arrogant restait plaqué au mur. Et pim, tirer sur un petit coin de papier, lentement, avec application, voir une légère fumée s’échapper du plâtre, enfin libéré de son collant papelard. Le lé enlevé dévoile ainsi le vrai visage du mur, ses multitudes de petits points, mais punaises pourquoi se sont-ils ainsi acharnés à mettre des posters (ou des timbres c’est pas possible) au mur ? Ses auréoles de rouille, ses têtes de cheville aux couleurs ternes coincée bêtement dans le mur, orphelines à jamais d’un meuble fantôme, sans plus aucune utilité depuis des années, tapies derrière un décor de carton pâte. Les lés s’entassent sur le linoléum dans une ambiance vaporeuse. Bientôt, lui aussi sera remis à son triste sort (enfin, remis à la déchetterie quoi). Je songe que je devrais ouvrir la fenêtre sous peine de m’enfumer tout en haut de mon escabeau, et de tomber, spatule plantée au sol quand je remarque que j’ai oublié un bout derrière la porte. Je la referme donc pour opérer en toute tranquillité. Et là, je tombe nez à nez avec un cheval. L’ami des chevaux ! Un poney qui trotte dans la neige. L’image est naïve, comme un dernier vestige de la chambre d' »avant » qui se serait planqué pour qu’on n’oublie pas la chambre d’enfant et ses rêves qu’on accroche un peu partout, des étagères aux portes en passant par les quatre murs. Des traces que je vais tâcher de combler, poncer, lisser le plus possible, enduire de nouvelles couleurs pour que ma petite princesse devenue grande continue d’y poser ses rêves, d’y accrocher ses délires et ses envies toutes neuves.

les_les

 

Juillet 2017

2 réflexions au sujet de « La beauté cachée des lés des lés… »

  1. Je trouve sa spéciale mais assez bien 🍿🍩🍵🍪🍶🍴🍷🥂🍼🍻🥛🍹🍺🍸🍹🍾🍽🥄🍴🍴🍎🍏🍊🍉🍌🍑🍒🍅🍯🌶🥔🍆🍆🍍🍠🥒🌰🥝🥜🥕🌽🥑🍈🥝🍓🍋🍊🍇🍐🍎🍏 🌶🥔🍠🌰🥜🧀🥖🍞🍤🥐🥞🥓🍯🍳🥚🍗🍖🍕🌮🌭🌯🍔🥗🍚🍲🍜🍙🍚🍛🍱🥘🍘🍘🍢🍣🍡🍧🍨🍭🍮🍩🎂🍿🍰🍫🍦🍦🥛🍬☕️

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